Ford a ouvert le 14 octobre une liste d’invitations pour son futur Fathom, un pick-up électrique de taille moyenne annoncé à 28 350 dollars hors frais de livraison. Ce n’est pas encore une précommande, et la nuance compte pour qui suit le marché américain depuis l’Europe.
Plan de l'article
Une liste de noms, pas un bon de commande #
Le formulaire mis en ligne sur le site de Ford ne demande ni acompte ni engagement. Comme l’explique Electrek, il permet de recevoir une invitation au moment où les vraies précommandes ouvriront, ce que Ford situe début 2027.
Le constructeur mesure donc la demande avant de fixer ses cadences. Un porte-parole a répété au site américain que le Fathom sera lancé en 2027 et que ce calendrier ne bouge pas.
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Combien coûtera vraiment le Fathom ? #
Le tarif de base correspond à la version à batterie de capacité standard. Il faut y ajouter 1 595 dollars de frais de destination, ce qui place le prix d’entrée à 29 945 dollars avant taxes locales et immatriculation, d’après le détail publié par electrive lors de la présentation du nom, le 7 août.
Electrek rappelle que cela représente environ la moitié du prix d’un F-150 Lightning. Pour un pick-up quatre portes à zéro émission, le seuil symbolique des 30 000 dollars est franchi par le bas, ce qu’aucun grand constructeur de Detroit n’avait encore proposé.
La première pierre de la plateforme UEV #
Le Fathom inaugure la Universal Electric Vehicle platform, une architecture que Ford présente comme une rupture avec ses premiers modèles électriques, développés à partir de bases existantes. La batterie y sert de plancher structurel, ce qui abaisse le centre de gravité et libère de la place dans l’habitacle.
La chimie retenue pour la version de base est le lithium-fer-phosphate, sans nickel ni cobalt. Les cellules prismatiques viennent du BlueOval Battery Park Michigan, à Marshall. Ce choix explique en grande partie le prix : le LFP coûte moins cher, au prix d’une densité énergétique plus faible.
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Une usine repensée à Louisville
L’assemblage aura lieu au Louisville Assembly Plant, dans le Kentucky. Selon electrive, Ford y investit environ 2 milliards de dollars, et environ 3 milliards dans l’usine de batteries du Michigan.
La méthode de production change elle aussi. Ford annonce environ 20 % de pièces en moins et 25 % d’éléments de fixation en moins qu’un véhicule conçu de manière classique, avec de grandes pièces en aluminium coulé assemblées en parallèle plutôt que sur une chaîne unique. Le faisceau électrique serait plus court d’environ 1,3 km que sur une électrique Ford de première génération.
Ce que Ford promet, et ce qu’il tait encore #
Côté équipement, Electrek liste un grand écran tactile, Apple Maps intégré directement à la navigation, la clé numérique, Apple CarPlay et Android Auto. Tous les modèles seront compatibles avec l’aide à la conduite BlueCruise et avec la charge bidirectionnelle.
Ford avance aussi trois promesses qu’il faudra vérifier sur pièce : plus d’espace passagers qu’un Toyota RAV4, un coût de possession sur cinq ans inférieur à celui d’un Tesla Model Y d’occasion de trois ans, et un 0 à 60 mph comparable à celui d’une Mustang EcoBoost. Pour l’instant, ce sont des objectifs annoncés par le constructeur, pas des mesures.
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Les données qui intéressent le plus les acheteurs de pick-up restent inconnues : autonomie, capacité de remorquage, dimensions définitives et puissance de charge. Les prototypes aperçus semblent proches du gabarit d’un Maverick, mais Ford n’a rien confirmé.
Un pari risqué pour Detroit #
Jim Farley ne cache pas l’enjeu. Cité par Electrek, le patron de Ford a prévenu lors de l’Automotive News Congress que lancer ce modèle à grande échelle, au bon coût et dans les délais allait demander un effort considérable.
Le Fathom mise sur un argument que le Lightning n’a jamais eu : un prix d’achat sous la barre des 30 000 dollars.
Et en Europe ? #
Aucune commercialisation européenne n’est annoncée. Electrive précise que Ford n’a cité aucun marché d’exportation. Pour les amateurs français de pick-ups américains, le Fathom restera donc, au moins dans un premier temps, une affaire d’importation et de passionnés.
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Le vrai rendez-vous sera début 2027, avec la fiche technique complète et l’ouverture des commandes. D’ici là, la liste d’invitations dira surtout à Ford si l’Amérique est prête à troquer son V8 contre un pick-up électrique à moins de 30 000 dollars.




