Pendant que le SEMA Show bat son plein à Las Vegas du 3 au 6 novembre, c’est une silhouette de 1967 qui fait tourner les têtes : Classic Recreations y expose une Shelby GT500CR dont la carrosserie est intégralement en fibre de carbone. L’atelier, désormais membre du groupe Velocity Restorations, la présente comme la seule GT500CR de production au monde construite de zéro avec une caisse tout carbone, sous licence officielle Shelby et inscrite au registre mondial Shelby.
Plan de l'article
Une icône de 1967, des entrailles de 2026 #
Sous le capot, rien de nostalgique. D’après les informations publiées par The Shop Magazine, la GT500CR carbone embarque un V8 Coyote de génération 4X assemblé par Wegner et gavé par un compresseur Whipple, accouplé à une boîte automatique Suncoast à dix rapports. Le châssis vient de chez Detroit Speed, la suspension pilotée électroniquement de chez Nitron, et le freinage s’appuie sur des disques carbone-céramique Brembo — un équipement qu’on trouve d’ordinaire sur les supercars européennes, pas sur une Mustang à bandes bleues.
La gestion moteur et l’antipatinage sont confiés à un boîtier autonome FuelTech, et c’est d’ailleurs sur le stand du préparateur électronique, dans le Central Hall du salon, que la voiture est exposée au public du SEMA.
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Pourquoi le carbone change tout
Remplacer l’acier d’une caisse de Mustang de première génération par du composite ne relève pas du simple exercice de style. Chaque panneau doit être redessiné, moulé et ajusté pour conserver les lignes d’origine tout en divisant le poids. Classic Recreations s’était déjà frotté à l’exercice en 2021 avec une première série limitée de GT500CR à carrosserie carbone ; la voiture du SEMA 2026 pousse la logique jusqu’au bout avec une construction neuve de A à Z, détaillée sur le site officiel du constructeur.
La Boss 429 de Chris Bumstead en embuscade #
La GT500CR n’est pas venue seule. Classic Recreations dévoile en parallèle une Boss 429 de 1969 unique, commandée par Chris Bumstead, sextuple champion olympia de culturisme classique. Le canadien n’a pas fait dans la demi-mesure : son coupé reçoit un V8 Megazilla de 7,3 litres issu du catalogue Ford Performance, lui aussi suralimenté par compresseur Whipple, toujours associé à une boîte Suncoast à dix rapports.
Le reste de la fiche technique aligne les références du milieu : châssis Detroit Speed, amortisseurs JRI, freins Wilwood, arbre de transmission en fibre de carbone, jantes Forgeline et un intérieur personnalisé aux goûts de son propriétaire. La voiture occupe un emplacement en Central Plaza, à quelques allées de sa grande sœur carbone.
Le restomod, vitrine du SEMA 2026
Ces deux Mustang illustrent la direction prise par le marché américain du restomod : des silhouettes des années 1960 vendues avec des mécaniques modernes sous licence officielle des constructeurs. Shelby licencie le nom GT500CR, Ford fournit les blocs via Ford Performance, et des ateliers comme Classic Recreations assemblent le tout avec des composants de course. Les deux voitures ont d’ailleurs été dévoilées en avant-première au Concours du Wynn Las Vegas, le rendez-vous chic qui précède l’ouverture du salon, avant de rejoindre les halls du convention center fraîchement rénové — le salon lui-même s’étant ouvert le 3 novembre, comme le rappelle Tomorrow’s Technician.
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Velocity Restorations profite de l’événement pour présenter aussi un Ford Bronco de 1974 issu de sa Founder’s Series, réservée à une clientèle sur invitation. Le message du groupe est clair : l’Amérique des muscle cars ne se contente plus de restaurer ses classiques, elle les réinvente avec les matériaux et l’électronique d’aujourd’hui.
Ni le prix de la GT500CR carbone ni sa puissance exacte n’ont été communiqués à ce stade — les chiffres officiels devraient tomber après le salon. Une chose est sûre : entre la caisse composite, le Coyote compressé et les freins carbone-céramique, cette GT500CR de 1967 n’a plus grand-chose à envier aux sportives contemporaines qu’elle croisera sur le Strip cette semaine.




